Dans le précédent article sur les besoins en formation dans le numérique et la synthèse de l’étude de l’INSEE sur l’offre de formation en digital et les besoins du marché au niveau Européen et français , outre les besoins incontestablement très élevés: un chiffre à retenir la vacance de 900000 postes en 2020…

Quelle synthèse et constats peut-on faire de cette étude sur les besoins en formation dans le digital ?

Une révolution numérique impactant fortement les compétences et nécessitant des
compétences transversales dans de multiples secteurs économiques.

Des besoins d’emplois et de qualifications difficilement quantifiables. D’une part, en raison de la structure relativement figée, et donc mal adaptée aux métiers émergents, propre aux différents systèmes de nomenclature, qu’il s’agisse des nomenclatures métiers ou des nomenclatures diplômes et formations. Et d’autre part, compte tenu des effets contrastés de la révolution numérique selon les types d’emplois et les secteurs économiques, avec en définitive une incertitude sur le volume nécessaire de diplômés dans les dix ans à venir.

En effet, la mission souscrit aux dynamiques projetées par l’étude européenne Empirica sans pour autant être en mesure de confirmer ou d’infirmer les chiffres détaillés.
1) Des études et des travaux prospectifs inégalement développés selon les secteurs professionnels ; des entreprises avec de fortes attentes mais limitées au court terme.
2) Un appareil de formation initiale en évolution mais qui ne pourra pas répondre dans un cadre inchangé à des besoins massifs si ceux-ci se confirmaient dans les prochaines années ; un appareil de formation continue beaucoup plus hétérogène et plus contraint compte tenu des désajustements structurels entre les publics concernés, le niveau de qualification attendu et les stratégies des entreprises.

Quelles sont les 7 recommandations ?

Recommandation n° 1 : établir et fiabiliser les données sur les besoins d’emplois et les offres de formation

En l’absence de données fiables de diagnostic, il paraît difficile de réaliser des travaux prospectifs. Par ailleurs, En termes de prospective, la mission recommande fortement que les enjeux numériques soient au coeur des travaux préparatoires de France Stratégie pour la prochaine prospective des métiers et des qualifications prévue pour 2020.

Recommandation n° 2 : créer un dispositif interministériel d’intervention

Au-delà du diagnostic et de la prospective, le dispositif de décision et d’intervention pour répondre aux mutations engendrées par la révolution numérique dans le champ des emplois, des métiers et des formations doit également être clarifié.

Recommandation n° 3 : augmenter le flux de diplômés de l’enseignement supérieur dans le domaine du numérique

Si le besoin d’une très forte augmentation des diplômés du secteur du numérique devait se
confirmer, tout particulièrement aux niveaux master et ingénieur, le développement d’une offre
multiforme – c’est-à-dire agile – en « sciences du numérique » est à engager dans le cadre des
contrats quinquennaux et du processus d’accréditation. À l’actuelle « stratégie numérique » visant à
développer le numérique comme outil de rénovation pédagogique doit s’ajouter un volet formation
et recherche en sciences du numérique, incluant également les humanités numériques.

L’objectif pourrait être, à l’occasion des révisions périodiques du cadre national des formations prévues par l’arrêté du 22 janvier 2014, de doubler la part de mentions explicitement dédiées au numérique en licence, licence professionnelle et master dans les deux ans, sachant qu’à terme le numérique doit être intégré dans l’ensemble des formations.

Recommandation n°4 : développer dans le second degré le vivier des élèves formés au numérique pour organiser un continuum bac-3/bac+3 en sciences du numérique

À cet égard, l’annonce du déploiement d’un enseignement facultatif en informatique et sciences du numérique dans les trois séries de la voie générale en classe de première  et en classe de terminale  est importante mais elle pourrait dans la durée se révéler insuffisante.
– la création d’un enseignement « numérique » portant à la fois sur les sciences du numérique (informatique, télécommunications et humanités numériques) et leurs usages économiques et sociaux.Le moment du collège est crucial, tout particulièrement pour les filles, si l’on veut obtenir un résultat qui débouche sur un véritable engouement pour les sciences du numérique qui aille bien au-delà de l’utilisation passive des applications et s’appuient sur les capacités créatives propres au numérique.

Recommandation n° 5 : faire évoluer la politique de recrutement et de formation d’enseignants en sciences du numérique dans l’enseignement supérieur comme dans le second degré

L’hypothèse d’une série dédiée comme celle de la généralisation de l’introduction d’éléments de formation aux sciences du numérique dans les différentes voies et séries de préparation au baccalauréat, ou encore les besoins d’encadrement dans le premier cycle universitaire, imposent de répondre aux besoins de disposer d’enseignant.e.s formé.e s aux sciences du numérique. En outre la création d’une agrégation en sciences numériques offrirait aussi l’avantage de disposer – dans un volume nécessairement limité compte tenu des besoins de l’enseignement secondaire et des nécessaires liens entre enseignement et recherche propres aux formations supérieures – de professeurs de l’enseignement du second degré (PRAG et PRCE)

– Au développement dans les ESPE d’une offre de formation aux sciences du numérique, tant en formation initiale que continue des enseignant.e.s de collège et lycée. Dans certaines disciplines, on pourrait envisager d’exiger des étudiant.e.s entrant en première année de master métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) des compétences numériques avérées (allant au delà de la certification C2i101) ; Ainsi le développement d’une offre de formation aux sciences du numérique au lycée nécessite des ressources enseignantes importantes pour lesquelles des efforts de formation ou de recrutement conséquents doivent être envisagés.

– Au recours pour l’enseignement des sciences numériques aux contrats de professeurs associés de l’enseignement secondaire, conformément à l’article L.932-2 du code de l’éducation et au décret n° 2007-322 du 8 mars 2007 afin de renforcer aussi ainsi le vivier de compétences pour les concours de recrutement. Ainsi le développement d’une offre de formation aux sciences du numérique au lycée nécessite des ressources enseignantes importantes pour lesquelles des efforts de formation ou de recrutement conséquents doivent être envisagés.

Cette option semble particulièrement adaptée aux champs les plus innovants des sciences du numérique pour lesquels il convient d’apporter une réponse rapide aux besoins de formation des étudiants.

Recommandation n° 6 : favoriser l’agilité dans la définition de l’offre de formation

Dans l’enseignement supérieur, l’accélération du déploiement des conseils de perfectionnement pour toutes les formations professionnelles visant les métiers du numérique peut favoriser la mise en synergie de la recherche et du monde économique pour une définition de l’offre de formation avec une attention portée à l’équilibre entre formation généraliste et approche technologique d’une part et aux formations pluridisciplinaires d’autre part.

Recommandation n° 7 : mobiliser en priorité les dispositifs de formation continue en faveur des demandeurs d’emploi du secteur numérique